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jui 12, 2008

Dialogue avec un Viet Kieu

Discussion avec un Viet-Kieu qui s’étonne de ne pas comprendre « les Vietnamiens » du fait de sa culture française : « Ils mettent toujours le sentiment par devant. Mais cela ne les empêche pas de – excusez l’expression – vous mettre un coup de pied par derrière. » Autre sujet d’étonnement, la logique absurde de la circulation automobile car personne ne semble prendre attention à personne. Chacun force son chemin sans regarder les autres : « C’est illogique. Puisqu’ils ne regardent pas, ils devraient aller jusqu’à se rentrer dedans. Il n’y a pas de logique !? C’est absurde. Pourquoi alors ils ne se rentrent pas dedans. » Je lui suggère qu’il y a justement une limite qui consiste seulement à éviter la destruction collective. « C’est exactement cela, me répond-t-il. »

mar 23, 2008

Tenter sa chance

La comptable a préparé le budget des salaires, mais sans remplir - comme il se doit - le tableau des avancements annuels. Elle me transfère le message pour que je l’envoie à Paris, après l’avoir complété. Voilà ce qu’elle m’écrit :
« Veuillez trouver ci-après le projet de mail à envoyer au siège, merci de bien vouloir le contrôler, svp. Pourriez-vous renseigner le nom des personnes bénéficiant de l'avancement 2008 en bas de la fiche (je souhaite que mon nom soit dans la liste, merci bien !) »
En l’occurrence, il s’agit d’une demande ni vraiment atypique, ni particulièrement agressive. Il me semble qu’elle a simplement tenté sa chance !

mar 02, 2008

Définition très particulière de la concurrence donnée par le professeur d’économie Nguyen Van Nam lors des débats : « On peut penser que la concurrence, c’est la destruction de l’autre. Mais, sur le marché, il faut coopérer à cause [pour se protéger] de l’effet domino. » Il donnait l’exemple d’une banque en faillite qui en a entrainé plusieurs autres dans sa chute. Autrement dit, la concurrence peut être presque sans limite… la seule limite étant donnée semble-t-il par l'horreur d’une destruction collective.
Voilà qui éclaire bien à propos une discussion récente avec un consultant Viet-Kieu qui m’expliquait son désappointement face à la concurrence locale « illimitée ». Il considérait les rues de métiers comme une illustration typique : « Ils sont tellement habitués à la concurrence totale, qu’ils s’installent les uns à côté des autres sans être gênés. » Le phénomène des « rues de métiers » est universel, à l’exemple des artisans du Faubourg Saint Antoine. Mais il prend ici une ampleur singulière, largement systématique : rue de la soie, rue des chaussures, rue des couteaux, rue de l’informatique, rue des cercueils, etc. Les rues de métiers exprimeraient d’une certaine façon le sens de la concurrence : elle s’exerce sans gêne à l’encontre de ses proches, tant qu’elle ne conduit pas à la scène d’horreur qu’est la destruction collective du groupe (« l’effet domino »).